Il y a des mardis où l’on ouvre son agenda et où l’on voit la dernière ligne d’une mission. Aujourd’hui, c’est le mien. Trois mois de travail avec une fondatrice qui préparait son agence à tourner sans elle, pour une raison heureuse : un congé maternité. Storytime d’une fin de mission, racontée le jour même plutôt que six mois plus tard avant que tout paraîsse lisse :
Le point de départ
Une agence qui tourne bien. Des clients fidèles, une équipe engagée, une vraie signature de marque. Et à peu près tout qui repose encore sur la fondatrice : elle connaît les clients, les échéances, les arbitrages, elle sait qui appeler et quoi valider.
C’est ce qui a fait la solidité de la boîte jusque-là. C’est aussi ce qui devient un risque le jour où elle s’absente plusieurs mois.
L’étape suivante de maturité tenait en une phrase : transformer cette connaissance en système. Passer d’une agence qui tient grâce à sa fondatrice à une agence qui tient grâce à son organisation.
Ce qui a été posé
Les circuits de décision et de validation, écrits. Les rôles dans l’équipe, clarifiés. Les offres et leur delivery, structurés dans un QG unique. Les flux financiers, rendus lisibles. Un dashboard qui se lit en trois minutes : chiffre d’affaires, marge, charge, satisfaction, risques, jalons.
Et le morceau le plus important, celui qu’on sous-estime toujours : le recrutement et l’onboarding d’un profil senior pour tenir la continuité pendant l’absence.
Ce que je referais autrement
Deux choses, et elles ne sont pas anodines.
J’aurais posé le plan de sortie en semaine une. Cette mission est exactement ce qui me l’a appris. Qui reprend quoi, à quelle date, avec quel niveau de maîtrise attendu : ça se discute très bien au démarrage, et ça devient inconfortable dans les dernières semaines.
J’aurais mesuré avant. Je sais ce qui a changé, je le vois, l’équipe le vit. Mais je n’ai pas de photo chiffrée du point de départ, donc je ne peux pas vous dire combien d’heures cette structuration a rendues. C’est ma propre règle que je n’ai pas appliquée à moi-même : ne jamais publier une heure rendue qui n’a pas été mesurée.
La prochaine mission démarre avec une mesure de charge en semaine une. Sans exception.
Ce que ça change pour moi, sans détour
Une fin de mission, c’est aussi une ligne qui disparaît du récurrent. Je ne vais pas faire semblant du contraire dans une newsletter qui parle de pilotage.
C’est précisément le genre de moment où un dirigeant fait ce qu’il reproche à ses clients : constater après coup. La bonne pratique consiste à savoir six mois avant, et à avoir de quoi remplir la case. J’ai su, et je remplis. Ça n’enlève rien au fait que ce soit un trou dans un compte de résultat, et le dire fait partie du métier.
Le test pour vous
Prenez votre plus gros client. S’il partait dans six mois, deux questions : est-ce que vous le sauriez aujourd’hui, et qu’est-ce qui remplirait la case ?
Si la réponse à la première est non, votre problème n’est pas commercial. Il est dans votre pilotage.
Mon avis sexy
Une mission réussie ne se mesure pas à l’attachement du client. Elle se mesure à ce qui tient le lendemain du départ.
Sur celle-ci, ce qui tient est écrit, partagé, et porté par quelqu’un d’autre que moi. C’est exactement ce pour quoi j’ai été appelée, et c’est un peu vertigineux de constater que le meilleur résultat de mon travail pour cette cliente, c’est mon absence.
Vendredi prochain, on passe au concret : un prospect signe, et vous ne savez pas si votre équipe peut l’absorber. La vue qui a réglé ça en une semaine.
D’ici là, vous pouvez :
Regarder ce qui tiendrait dans votre agence si vous partiez trois mois
Réserver votre Diag Capacité (30 minutes, gratuit)
Télécharger mon playbook sur les 12 process non-négociables à implémenter pour devenir une agence digitale qui scale (sans cramer son équipe)
Répondre à cette missive, j’ai une place qui se libère à partir d’octobre
À vendredi, avec graand plaisir
Julie





