C’est une phrase que j’entends à chaque audit, souvent vers la trentième minute, quand le dirigeant baisse un peu la garde : mon équipe ne prend aucune initiative. Elle est dite avec de l’agacement, parfois de la déception. Et à chaque fois, ma réponse surprend, parce que je commence par lui donner raison. Storytime de la phrase que je ne conteste jamais, et de ce que je réponds ensuite :
Ce qui se passe vraiment dans la journée
Une micro-décision par-ci. Une validation par-là. Un « t’as deux minutes » toutes les vingt minutes.
Le dirigeant appelle ça du management. C’en est rarement. C’est un péage : chaque décision passe par lui et acquitte son droit de passage. La journée se remplit, l’agenda est saturé, et il n’a rien décidé de structurant.
Le soir, il constate qu’il n’a pas avancé sur la stratégie. Et il en conclut que son équipe manque d’autonomie.
Ce que je trouve à chaque audit de pré-collaboration
Quatre absences, toujours les mêmes, et aucune n’a à voir avec la motivation des gens.
Aucune règle de décision explicite. Donc chaque cas devient une exception. Donc tout remonte.
Aucune source de vérité. Donc on vous redemande la même chose pour la quatrième fois, et c’est plus rapide de vous demander que de chercher.
Aucune délégation posée. Donc personne n’ose trancher, et tout le monde attend, poliment.
Les priorités vivent dans votre tête. Donc bonne chance à ceux qui doivent deviner ce qui compte cette semaine.
Vous avez recruté des adultes compétents. Le cadre les traite comme des stagiaires qui doivent lever la main.
Ce que j’ai appris à ne plus faire
Au début, j’arrivais avec des chartes de délégation très complètes. Des matrices, des niveaux, des schémas. C’était rigoureux, et ça ne changeait rien.
Parce qu’une règle écrite qu’on n’a pas éprouvée reste théorique. L’équipe la lit, la trouve logique, et continue de demander, par prudence.
Ce qui fonctionne est beaucoup plus bête : prendre les cinq décisions qui sont réellement remontées cette semaine, trancher qui en est propriétaire, et l’écrire. Cinq cas réels valent mieux que quarante cas théoriques.
Les quatre choses que je pose
Des règles de décision issues de ce qui revient chaque semaine. Écrites une bonne fois.
Une source de vérité unique pour le projet, le client, le planning.
Une répartition claire de qui décide seul, qui décide avec validation, qui ne décide jamais seul.
Vos arbitrages sortis de votre tête et mis dans le système, y compris les plus évidents. Surtout les plus évidents, d’ailleurs : ce sont ceux que personne ne pense à vous demander d’expliciter.
Le test, et il est brutal
Deux semaines de vacances sans ouvrir Slack. Vous tenez combien de jours ?
Si votre premier réflexe est de penser que votre équipe a vraiment besoin de vous pendant cette période, c’est exactement le problème. Vous venez de le nommer sans le vouloir.
Mon avis sexy
Une équipe ne devient pas autonome parce qu’on lui a dit d’être autonome en réunion du lundi. Elle le devient quand le cadre lui permet d’avancer sans demander la permission toutes les deux heures.
L’autonomie n’est pas un trait de caractère qu’on recrute. C’est une conséquence du système dans lequel on travaille, et ce système, c’est vous qui l’avez construit, souvent sans le vouloir.
Vendredi prochain, je vous raconte le jour où je me suis rendu compte que j’étais devenue la personne difficile à remplacer chez deux de mes clientes.
D’ici là, vous pouvez :
Lister les cinq décisions qui sont remontées jusqu’à vous cette semaine
Réserver votre Diag Capacité (30 minutes, gratuit)
Télécharger mon playbook sur les 12 process non-négociables à implémenter pour devenir une agence digitale qui scale (sans cramer son équipe)
Me répondre avec votre score au test des deux semaines, je ne juge pas
À vendredi, avec graand plaisir
Julie





