Il y a des questions qui ont l’air intelligentes et qui ne servent strictement à rien.
J’en ai posé une pendant des mois, dans chaque audit, avec l’air parfaitement sérieux de quelqu’un qui sait ce qu’elle fait. Tout le monde y répondait oui, avec enthousiasme. Et je repartais avec exactement zéro information exploitable.
Storytime d’une COO qui a mis six mois à changer de question :
La question qui ne servait à rien
Depuis janvier, j’ai audité 24 agences digitales. Au début, j’arrivais avec ma liste, et quelque part au milieu il y avait celle-ci : où en êtes-vous avec l’IA ?
Réponse unanime : très bien, merci, l’équipe utilise ChatGPT.
Le problème, c’est qu’on ne peut rien faire de cette réponse. Elle est vraie partout et elle ne dit rien nulle part. Elle m’a fait perdre plusieurs mois d’audits à croire que le sujet était traité chez mes clientes.
Ce que je trouve depuis que je demande à voir
J’ai fini par remplacer la question par une demande : montrez-moi les 3 derniers prompts de votre équipe.
Et là, dans les 24 cas, la même chose. Des prompts individuels, dans des historiques privés, que personne ne partage. Le cas le plus courant : 3 chefs de projet qui réécrivent chaque semaine, chacun dans son coin, à peu près la même consigne pour dégrossir une réponse à brief. Aucun des trois ne sait ce que font les deux autres.
Le gain est réel mais individuel, et il reste parfaitement invisible dans le compte de résultat. (La double peine, quoi.)
Mes 3 points de contrôle
Depuis, j’ai un test qui tient en 10 minutes. Trois questions, dans cet ordre.
Le prompt est-il écrit quelque part ? Si la réponse est « dans mon historique », le savoir-faire disparaît avec la journée de travail. Le jour où la personne part, il part avec elle.
La tâche derrière est-elle cadrée ? Un agent qui répond à un brief a besoin de savoir qui qualifie, quelles informations sont obligatoires, quel format sort et qui valide. Sans ce cadre, il produit un texte plausible que personne n’utilisera.
La tâche revient-elle assez souvent ? Une tâche annuelle ne justifie pas un agent. Une tâche faite 5 fois par semaine, oui. Comptez sur vos 4 dernières semaines plutôt qu’au jugé.
Quand aucune case n’est cochée
Ça arrive plus souvent qu’on ne le croit, et c’est une bonne nouvelle. Ça veut dire que votre chantier s’appelle la structuration, et qu’il passe avant l’IA. Poser un agent sur des process qui n’existent pas revient à accélérer votre désordre, et à payer pour ça.
Je ne démarre donc jamais une mission par l’IA. Je clarifie, je structure, et les agents arrivent en phase Opérer, sur des process qui tournent déjà.
Le lien avec les agents
J’ai détaillé pourquoi la plupart des déploiements IA échouent en entreprise, et les 3 prérequis qui changent tout : une source de vérité unique, un process écrit, un propriétaire humain. C’est le même raisonnement, en plus complet.
Mon avis sexy
J’écrivais déjà sur les agents IA en mars dernier, dans cette missive. Je me trompais sur un point : je croyais que le frein était le budget. Entre 50 et 150 € par mois d’outils, une agence à 1M€ de CA absorbe la dépense sans sourciller. Ce qui bloque, c’est qu’il n’y a rien de solide sous l’outil.
Ma recommandation : demandez à votre équipe les 3 derniers prompts, cette semaine. Vous saurez où vous en êtes avant la fin de la réunion.
Vendredi prochain, je vous raconte le truc le plus gênant que j’ai trouvé dans mon propre Notion. Spoiler : je structure les opérations des autres depuis six ans.
D’ici là, vous pouvez :
Lire l’article complet sur les 3 prérequis avant tout agent IA
Réserver votre audit pour savoir si votre orga interne est vraiment prête pour l’IA (30 minutes, gratuit)
Télécharger mon playbook sur les 12 process non-négociables à implémenter pour devenir une agence digitale qui scale (sans cramer son équipe)
Répondre à cette missive si un point vous a parlé (promis je ne mords pas)
À vendredi, avec graand plaisir
Julie



